L’abbaye, son église et le trésor

L’EGLISE ABBATIALE

Érigé en grande partie entre le XIIIe siècle et le XVe siècle, ce magnifique édifice, considéré comme l’une des réalisations gothiques les plus remarquables du Dauphiné, répond aux particularités architecturales des grandes églises de pèlerinage du Moyen Age. Avec ses 62 m. de longueur, 32 m. de largeur et  22m. de hauteur, cette église fut édifiée sur un plan de type basilical. Elle est dotée d’une nef unique éclairée par l’immense verrière de la façade principale, de 2 larges collatéraux, de 17 chapelles, d’une abside contenant 97 stalles en noyer installées en 1630 et d’un  transept la reliant aux bâtiments conventuels.

L’élévation reflète parfaitement les tendances du gothique dans sa maturité, empreintes de verticalité, mêlant à l’architecture puissante des piles rectangulaires de la nef, l’élégance des fines arcatures, colonnettes du triforium. La façade, percée de 3 portails surmontés d’une balustrade, est caractéristique du gothique flamboyant.

Son décor intérieur est d’une très grande richesse : peintures murales des  XIVe, XVe et XVIIe siècles, tableaux copiés de maîtres italiens de la Renaissance ou originaux d’artistes lyonnais de renom tels Daniel Sarrabat ou Marc Chabry. De nombreuses œuvres d’art révèlent toute la magnificence retrouvée de l’abbaye dès le XVIIe siècle : grand orgue des XVII et XVIIIe siècles (un des plus beaux orgues de France),  magnifiques tapisseries d’Aubusson du XVIIe siècle, maître-autel de la même époque, tout de marbre et de bronze, contenant la chasse-reliquaire d’Antoine en bois de poirier recouvert d’argent.

L’église fut classée Monument Historique en 1840 par Prosper Mérimée.

Visite libre : tous les jours de 9h à 19h (messe dimanche à 10h30 sauf dernier dimanche du mois)

Visite guidée : voir visites guidées proposées par les Amis Des Antonins

LE TRESOR

C’est dans les sacristies de l’église, aux boiseries de noyer et de chêne de Hongrie, que l’on peut admirer le trésor des Antonins, pillé durant les Guerres de Religion et en partie reconstitué à la fin du XVIe siècle.

On peut y voir le très célèbre Christ du XVIIe sculpté dans l’ivoire, une série de bustes-reliquaires de la même époque, en bois argenté et doré, plusieurs reliquaires de martyrs issus des catacombes de Rome, des calices, des ciboires, des chandeliers… mais aussi quelques instruments de chirurgie ayant servi aux hospitaliers et de somptueux antiphonaires.

De riches ornements liturgiques du début du XVIIIe siècle, tissés de fils d’or par les Canuts de Lyon, sont conservés dans un remarquable chapier aux sept tiroirs semi-circulaires. D’autres tableaux, gravures et objets agrémentent les sacristies… Le trésor de l’église abbatiale de Saint-Antoine est considéré comme l’un des plus importants reliquaires de France.

Visite guidée : voir visites guidées proposées par les Amis Des Antonins

LES BATIMENTS ABBATIAUX

A côté de l’église gothique, les bâtiments conventuels des XVII et XVIIIe siècle, sont de style classique. L’abbaye est bien compartimentée et structurée.

La porterie de l’Abbaye ou procure, construite entre 1657 et 1658, marquait la frontière entre le bourg et l’Abbaye. Elle est constituée d’un corps central flanqué de deux pavillons. Elle abritait le portier de l’Abbaye au rez-de-chaussée et les petits appartements à l’étage étaient occupés par le procureur qui était chargé des relations extérieures.

Le grand Cloître ou grande cour était un lieu de sépulture et de procession jusqu’au XVIe siècle. Il fut remblayé vers 1640 et devient dès lors une vaste cour bordée d’édifices, tels que le bâtiment des étrangers et l’infirmerie sur la droite et les écuries sur la gauche, et plantée d’arbre. Les façades qui l’environnent ont conservé la symétrie et la linéarité du classicisme des XVIIe et XVIIIe siècles. Entre le bâtiment des Etrangers et l’infirmerie, on aperçoit l’ancien réfectoire, surmonté de la façade ouest du dortoir.

Le bâtiment tout en longueur derrière l’église et dont le fronton triangulaire porte les armes de l’abbé Etienne Galland et les insignes des chanoines, se partageait en 2 : à gauche le noviciat et à droite le professoir. Côté sud-est, en prolongement des bâtiments, s’étendait le Grand jardin où l’on cultivait plantes aromatiques et potagères.

Enfin, du côté de l’église, sur le parvis, un portail monumental permettait d’accéder directement à la Maison abbatiale et son jardin. Le volume du bâtiment donne une idée de la puissance des abbés de l’Ordre.